Ecrits Famille
Catherine
Mon petit papa
Mon grand homme
Mon héros …
Trois petites notes de musique ont plié boutique au creux du souvenir
C’en est fini de leur tapage, elles tournent la page et vont s’endormir…
Hier tu es parti
Avec élégance et humilité
Assis parmi les spectateurs
A qui tu étais venu apporter
Un peu de joie et de chaleur
Un peu de ton humanité
Ton violon près de toi
Ton violon, fidèle compagnon que tu n’auras eu de cesse de faire vibrer
En hommage à tes parents
Que tu auras travaillé avec tant de passion, de patience, d’acharnement
Toute ta vie tu auras voulu donner, faire entendre, transmettre
Jusqu’à la fin tu auras écrit de ta belle écriture, tracé, griffonné sur des papiers et des cartons
Des textes, des listes, des idées
Avec rigueur et précision
Tes mémoires, les nôtres, de peur qu’elles ne soient effacées
Formidablement moderne, plein d’humour
Tu auras gardé ton âme d’enfant jusqu’au bout
Ton espièglerie, ton goût pour les calembours, les jeux de mots, les facéties
Curieux, insatiable, assoiffé de connaissances
Tu auras lu, cherché, observé, voyagé devant ton poste de télé
Suivi les rencontres sportives avec intérêt, tu te seras passionné pour l’astronomie
Tu te seras intêressé aux gens, attaché à tes amis
Si intelligent de cœur et d’esprit
Si sensible, tu te seras réjoui, enthousiasmé, tu auras pleuré
Ecorché vif parfois, blessé, face à la violence du monde
A ses absurdités
Tu auras tout fait pour nous en protéger
Tu auras remercié la vie de nous avoir épargnés
Et d’avoir toujours ta grande famille auprès de toi pour t’entourer
Tu peux être fier mon papa d’être à l’origine avec maman de cette fraternité
Exigeant, rigoureux, discipliné et tout à la fois bohème, poète, désordonné
Débordant d’idées, original, unique, si singulier
Cela va être bien difficile sans toi mon papa, bien compliqué
Mais je sais que tu aurais voulu que nous restions forts tous les quatre
Je sais que mes larmes t’effrayaient
Alors je vais m’appliquer
Comme tu l’aurais souhaité
Je vais essayer d’être digne de toi, de t’honorer
Tu vas tellement me manquer, nous manquer
Il nous reste des photos, des textes
Il me reste ta voix, tes nombreux messages
Ton regard bleu, malicieux, si clair
Que je ne pourrai effacer
Aujourd’hui, je redeviens une petite fille
Désemparée, perdue
Sans ta main que tu me donnais encore parfois
Pour traverser la rue
Ton cœur s’est arrêté, le mien prend le relais
Je vais y garder une grande place rien que pour toi
Et mon esprit va te porter et te faire vivre bien au-delà
Je suis si fière de toi
Je t’aime papa
Patrice
Cher Papa,
Tu étais tellement dans la vie avec nous depuis toujours que tu me semblais
immortel.
C’était d’autant plus certain que tu étais toujours en bonne forme malgré tes 92
printemps, à faire du vélo presque tous les jours, à monter tes 2 étages sans
ascenseur, à faire du violon, à nous écrire de longs messages et à continuer à
t’intéresser à tout ce que l’on faisait et à tout ce que faisait tes petits-enfants.
C’est pour cela que lorsque j’ai appris que tu nous avais quitté, cela m’a semblait
d’une grande brutalité. J’étais sous le choc, je suis toujours sous le choc et le seul
réconfort que j’ai trouvé pour le moment c’est de savoir que tu n’as pas souffert. Tu
as joué ta dernière partition, tu as fermé les yeux et c’était fini.
Tu es parti le 19 décembre, 10 jours après mon anniversaire, 10 jours après m’avoir
écrit un très beau message d’anniversaire dans lequel tu parlais du fait que tu ne
serais pas « éternel ».
Mais tu n’es pas vraiment parti puisque tu seras toujours dans mon esprit, dans mes
pensées, dans mon coeur et dans celui de toutes celles et tous ceux qui t’ont aimé.
Je t’embrasse tendrement,
cher Papa.
Patrice
Hervé
Papa,
Ta simplicité et ta modestie n’avaient d’égal que ton amour inconditionnel et ta dévotion pour toute la famille.
La fusion improbable de la rigueur de ton parcours scientifique avec ton âme de poète souvent anti- conformiste, aboutissait parfois à des idées et des réalisations surprenantes, dignes de « Géo-trouve- tout », et qui nous faisaient toujours sourire.
Même si ta mémoire était encore exceptionnelle tu avais cette manie originale de tout noter sur des petits bouts de papier et des découpes de cartons, ce qui ne nous facilite pas la tâche aujourd’hui mais tant mieux, ce sont autant de petits rébus en forme de clin d’oeil que tu nous laisses.
Mais tu nous as surtout laissé de très nombreux écrits extrêmement détaillés sur toi, tes parents, ta jeunesse, tes études, ta promotion de « gadzarts » à laquelle tu étais tant attaché, ton service militaire, ton parcours professionnel, ton amour de la musique...
La musique, parlons-en justement. Ta passion pour le violon était à la mesure de ta déception qu’aucun de nous n’ait ton talent pour reprendre le flambeau, l’archer à la main. Mais qui sait, peut-être qu’une génération future te rendra un jour cet hommage...?
C’est d’ailleurs de la plus noble et la plus élégante des façons, celle que tu aurais aimé pouvoir choisir c’est certain, que tu as tiré ta révérence. Sur la scène, en jouant du violon pour des personnes malades afin d’adoucir leurs souffrances et leur solitude pendant cette période de fêtes. A presque 93 ans, cet altruisme était à ton image, exceptionnel.
Aujourd’hui, plus que la tristesse, c’est le bonheur de t’avoir toujours connu en pleine forme, toujours actif et sportif, toujours plein d’humour et d’auto-dérision, dynamique, curieux de tout, écologiste avant l’heure souvent, jamais matérialiste et toujours très humaniste qui nous réunit.
Tu n’as jamais arrêté de prendre soin de Maman et ne t’inquiète pas, nous continuerons pour toi.
Tu ne pars pas vraiment puisque tu continues d’exister dans nos coeurs et à travers nous.
Nous avons eu cet immense privilège de t’avoir pour père,
Merci Papa
Hervé
Yves
Papa,
Toi tu as su,
Tu as su tisser autour de toi,
Tout au long de ta vie,
Tellement de liens solides et sincères
Tellement d’amour et d’amitié
Tu as su toujours nous protéger
Et nous faire partager tes valeurs
De justice, de solidarité et de fraternité
Tu as su faire preuve de fantaisie,
Mais aussi de rigueur, d’humour et de curiosité
Tu as su nous soutenir et nous réconforter
Quand des tourments nous contrariaient
Tu as su garder ton âme d’enfant,
Tes passions musicales
Et ton goût des étoiles.
Tu as su tellement de choses
Qui te rendaient si attachant, si singulier
Et quelquefois si fantasque.
Aujourd’hui nous sommes tous réunis
Et nous t’accompagnons pour ton dernier voyage.
Pourtant, si toi tu as su tout cela,
Moi je ne sais toujours pas
Comment apaiser cette douleur
Comment combler ce vide pesant
Qui reste si lancinant dans mon coeur.
Yann
Depuis plusieurs jours je me demande comment faire pour écrire ce texte. Pas facile de compiler plusieurs années en quelques minutes.
Les émotions et les questions se mêlent : comment rendre hommage à ton sens de la formule sans tomber dans un éloge caricatural ? Comment rendre hommage à ton humour malicieux tout en respectant les peines de chacun et de chacune ? Et surtout comment arriver à te dire au revoir alors que l’on devait fêter Noël, hier, ensemble ? Honnêtement, je ne suis pas sûr d’avoir trouvé toutes les réponses mais voilà, il faut se lancer.
Au moment d’écrire, la première chose qui m'est venue en tête c'est un échange qu'on avait eu il y a quelques années. Je t'avais demandé qu'aurais-tu voulu dire à ton “toi” de 20 ans. Parmi tes réponses, tu m'avais transmis une citation de Victor Hugo qui m'avait beaucoup marqué et que je vous transmets à mon tour : "Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent; ce sont ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front. Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime. Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime.". En lisant cela j'aime à me souvenir de ton aversion particulière pour l’injustice, ta volonté de découvrir de nouveaux sujets variés allant de l’espace à l’accordéon (en passant même par les libellules) et surtout cet air pensif, ce regard d’un bleu profond, apaisant, que l’on oubliera pas.
Mais avant tout je me souviendrai de toi, Papi, pour un choix : celui de la curiosité. Celui de l'apprentissage au lieu de la suffisance, de la découverte au lieu du repli, de la transmission et du partage au lieu de l'égoïsme. Cet héritage n'a pas de prix et pour cela je tenais à t'exprimer mon amour et ma gratitude.
Pour ma part, je ne sais pas ce qu'il y a après la mort mais ce que je crois c'est que la vie ne s'arrête pas complètement. Elle continue sûrement dans les esprits, les choix et les habitudes des gens qui nous ont aimé. Un humoriste que j'aime bien avait dit un jour que : "les gens qui ont un impact positif dans nos vies rallongent la leur avec la nôtre". Et je suis plutôt d'accord avec ça.
Nul doute que, même absent physiquement, tu continueras d'exister dans de nombreux actes, dans des songes, dans des photos, dans des sons. Finalement c’est peut-être cela que l’on partage tous et toutes maintenant : ces choses anodines, discrètes, indicibles, dans lesquelles tu habiteras désormais.
J’aimerais pouvoir discuter encore longtemps avec toi mais comme il faut conclure, je le fais. Je le fais comme on devrait peut être le faire plus souvent, ou en tout cas comme j'aurais aimé le faire avec toi : au revoir Papi, je t'aime.
Cyril
Une dernière mélodie pour dire merci à la vie
Mon petit papi, comme j’aimais bien t’appeler ;
Papa, pour tes nombreux enfants ;
Gilbert, pour les amateurs de rugby ;
Ou encore Sassa, pour tes copains de promo ;
Tout d’abord un grand MERCI !
MERCI d’avoir été parmi nous aussi longtemps, car ce n’est pas donné à tout le
monde de nos jours, et surtout dans cette forme olympique que tu faisais en
sorte d’entretenir contre vents et marées, de jours comme de nuit.
MERCI d’avoir été un grand-père exemplaire ;
MERCI d’avoir porté nos vieilles affaires sans aucune honte ;
MERCI de nous avoir raconté tes histoires de vie ;
MERCI d’avoir attendu à la fenêtre tous les matins quand je travaillais en face
de chez toi ;
MERCI d’avoir été aussi généreux ;
Tu es et resteras un exemple pour nous tous sans aucun doute.
Même si ces dernières années tu n’étais pas celui qu’on entendait le plus car
toi-même je crois que tu ne nous entendais pas, ou mal, ou quand ça
t’arrangeait, tu vas laisser un grand vide dans nos réunions de famille… on va
devoir faire sans toi mais on pensera fort à toi, tu seras parmi nous pour
toujours !
Je suis certain que de là-haut tu es satisfait, satisfait de la grande famille que tu as créée avec mamie, mais aussi satisfait du dénouement de ta vie, les
« armes » de la paix à la main, le violon au menton, l’archet au bout des doigts
pour faire plaisir une dernière fois.
C’était ta dernière note… puis tomber de rideau ! Bon voyage mon petit papi !
Tendrement, ton second petit-fils